Luxeuil Les Bains

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Histoire

Connue bien avant la conquête de la Gaule par les Romains pour ses sources thermales et tirant sans doute son nom du dieu celtique Lussoius, la ville prospère à l’époque gallo-romaine sous le nom de Luxovium.

Développée à cette époque autour de son forum probablement proche des thermes, soit dans la partie septentrionale de la ville actuelle, elle se situe au carrefour de 7 voies romaines.

Dévastée par Attila en 451, elle tombe dans l’oubli pendant près d’un siècle et demi, jusqu’à la redécouverte des sources par le moine irlandais saint Colomban et ses compagnons moines irlandais qui y fondent vers 590 le Monastère de Luxeuil et y introduisent la règle colombanienne4.

Une bourgade va alors se développer au Haut Moyen Âge, puis une ville ceinte de remparts dès le XIIIe siècle comptant environ 1 500 habitants, trois églises et quatorze chapelles.

La fin du Moyen Âge et la Renaissance verront la prospérité de la ville s’accroitre, comme en témoignent les édifices construits à cette période (Tour des échevins, Hôtel Thiadot, Hôtel Pusel, Maison François Ier, etc…).

L’ère “espagnole” de la comté, ainsi que les franchises dont bénéficie la province en général et la ville en particulier constituera donc un âge d’or pour la cité comtoise.

Avec la Guerre de Trente Ans, la ville connaîtra les troubles et l’insécurité qui frappent la province.

Pensant préserver ses franchises par son acte de reddition lors de l’annexion française de 1674, Luxeuil connaitra pourtant son intégration à l’ordre juridique du royaume de France, et l’adaptation progressive de ses institutions.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Toponymie

La ville de Luxeuil a changé plusieurs fois de nom depuis sa fondation. Au VIIe siècle, on parlait de Luxovium. En 1228, Luxovium devient Luxovia. S’ensuivit en 1258 le premier nom présentant une sonorité comparable à l’actuel Luxeuil, à savoir Luxeye. Au XIIe siècle, on trouve traces de Luxuy, Lyxui, Luxui, Lixuy, Lixeuil, Lixeui, Lexui, Lysseu, Lisseu, Luxeu, Leuxeus et enfin de Luxeul en 1477.

Le nom est issu de celui du dieu gaulois Luxovius à qui la station thermale était dédiée. La racine indo-européenne -luk signifie lumière. Le nom de Luxeuil-les-Bains a ceci de paradoxal que ses sources documentaires sont particulièrement bien attestées, même par l’archéologie, tout en restant pratiquement insoluble. En effet le nom est connu depuis au moins le VIIe siècle, sous la forme de Luxovium, et deux inscriptions sur pierre, trouvées en 1777 puis en 1938, ont révélé le lien de ce toponyme avec celui d’un dieu Lussoius ou Luxoius. Or c’est bien l’interprétation du nom de ce dieu, reconnu comme gaulois, qui n’a pas trouvé à ce jour de solution certaine5.

Bien sûr, la racine latine lux- qui désigne la lumière a été invoquée, mais comme tous les dieux sont lumineux[réf. nécessaire] et que celui-là est celtique et non pas latin, cette interprétation n’apporte pas grand chose. Côté gaulois on a même envisagé une assimilation au dieu Lug, celui de Lyon-Lugdunum. Mais cette graphie, comme le lien avec une source thermale, ne correspondent à rien de connu dans le dossier du plus important des dieux celtiques.

En parcourant attentivement les lignes du dictionnaire de la langue gauloise, nous trouvons toutefois la mention d’une divinité celtibérique Loxa dont le nom dérive du gaulois loxso et signifie « boiteux » 6. L’exemple régional de Luxiol qui remonte à un toponyme loposagio attesté à l’époque gallo-romaine confirme la possibilité d’une évolution phonétique du [o] au [u].

Il reste que l’idée d’un dieu « boiteux » pourrait surprendre. Rappelons donc que, dans les mythes celtes et d’autres, les mutilations sont symboliques et révèlent en fait une capacité exceptionnelle. Ainsi du druide borgne, qui est clairvoyant, et du roi manchot qui est particulièrement habile au maniement de l’épée, donc à l’exercice du pouvoir temporel7. Dans cette logique, notre dieu « boiteux » a toutes les chances d’être un marcheur ou un coureur infatigable ou particulièrement rapide. Et cette particularité, comme son handicap symbolique, en fait un candidat idéal pour patronner une source thermale, réputée guérisseuse.

Tout ceci n’est bien sûr qu’une hypothèse, mais elle est à ce jour la seule qui tienne sur le plan linguistique. Sur les plans religieux et historiques elle offre une piste de recherche sur ce dieu pour la compréhension de ce site thermal à l’époque gauloise8.

Il faut signaler que, par chance, le double féminin de Luxoius, la déesse Brixta, dispose d’une étymologie parfaitement claire, puisqu’il s’agit du nom gaulois du « charme magique » 6. Cette déesse a sans doute laissé son nom au Breuchin.